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Les Tribulations d’un tribunal Indonésien en sursis… à Thionville !

Parce que l’on ne vous cache rien, ci-dessous notre courrier envoyé au Ministre de la Justice. A suivre bientôt dans ce blog, les mésaventures en image de la fleur française… On ne vous en dit pas plus !

                Mesdames et Messieurs

                Cette correspondance est de nature à intéresser Madame la Conseillère aux affaires européennes et internationales et pourquoi pas Madame la Conseillère de la modernisation et des bonnes pratiques.

                Voilà maintenant plusieurs années que gronde une rumeur selon laquelle le Tribunal de Thionville serait amené à disparaître ou plutôt délocalisé. Est-ce la raison pour laquelle les magistrats de cette circonscription frétillent d’un zèle hors norme et ridicule ? Comme les forces de l’ordre dont l’objectif est de satisfaire à la politique du chiffre et de la statistique, forcé de constater que notre institution est malade ou n’est ce pas juste le reflet de l’incompétence des hommes qui la font vivre ?

                Je suis le gérant d’une boutique qui a été jeté en pâture sur la place publique par ces mêmes hommes qui ne sont pas dignes des robes qu’ils portent tellement ils ont perdu le sens du mot justice. Si l’histoire de mon shop, le Comptoir du chanvre, vous intéresse, je vous invite à la lecture de ce petit article qui relate en détail mes mésaventures. Je n’y reviendrais donc pas ici. 

                Effectivement, je passe sur les deux ans de procédures laborieuses, la fermeture administrative abusive de 12 mois, les 4 perquisitions en 2 ans, un salarié au chômage du jour au lendemain, les marchandises saisies et récupérées périmées, la nuitée en garde-à-vue avec petit déjeuner ou encore les ballades dans le village avec les menottes… Evidemment, je vais me battre pour demander réparation et pointer les lacunes et responsabilités de l’Etat.

                Par contre, je m’interroge : Est-ce donc cela « la Justice au service du justiciable » telle que souhaité par notre Ministre de la Justice en début de mandat ? Encore une fois, forcé de constater qu’il s’agit plus de la plaidoirie enjolivée d’un avocat au barreau plutôt que de l’action concrète d’un Garde des Sceaux ! Il est temps de secouer cette bande d’aristocrates de basse compagnie, notamment quand ils s’extasient ensemble au restaurant avant de faire semblant de s’entretuer au tribunal…

                Peut-être faudrait-il commencer par envisager des licenciements plutôt que des mutations lorsqu’on constate des incompétences et des manquements ? Parce qu’à force, on ne fait que les déplacer…  Et c’est ainsi, en toute impunité, que VOTRE justice se donne le droit de briser des vies et des carrières. Certainement que mon activité leur fait peur, je le comprends. Mais c’est un autre débat que nous affronterons bientôt tous ensemble. Pour l’heure, la Justice est surtout au service du justiciable pour l’écraser et le piétiner ! C’est une honte moyenâgeuse aux techniques barbares.

                Dans mon affaire, malgré mes vives protestations de l’époque, on m’a saisi à mon domicile des effets personnels : un téléphone, un ordinateur ainsi que deux disques durs. Sur l’un d’eux étaient stockés et sauvegardés des souvenirs de famille (vidéos et photos de naissance, vacances, etc.) et il a été « perdu » par les personnes en charges de la surveillance des scellés (en pièce jointe le courrier du tribunal en date du 29 septembre 2021). Si je n’ai toujours pas réussi à rallumer le téléphone et l’ordinateur à ce jour, je m’insurge fermement sur la disparition de mes souvenirs de famille.

                J’en appelle donc à votre responsabilité car vous êtes, Monsieur le Garde des Sceaux, le garant des bonnes pratiques de la justice et il vous appartient d’agir quand celle-ci est en errance comme c’est le cas à Thionville. Accessoirement, je vous demande des explications précises sur comment il est possible de « perdre » des objets mis sous scellés et placés sous surveillance dans l’enceinte d’un tribunal de la République ?

Dans l’attente de votre retour, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, mes respectueuses et distinguées salutations.

                                                                                                                                                             M. KOLERSKI