Mise en garde !

Chanvre ou cannabis ?

Le cannabis est le terme latin pour désigner la plante de chanvre. Il n’existe qu’une seule espèce de chanvre que l’on peut distinguer en plusieurs sous espèces selon leur phénotype majeur « Indica », « Sativa » ou « Ruderalis ». Ces sous espèces peuvent potentiellement toutes disposer de propriétés psychoactives en fonction des niveaux établis par une teneur différente en cannabinoïdes. Celui qui est responsable de l’effet psychotrope, c’est le THC (tétrahydrocannabinol).

Par convention, le nom scientifique « cannabis » est généralement utilisé pour désigner les variétés psychoactives non autorisées (>0,2 % de THC) et le nom commun (chanvre) pour désigner les plantes issues de semences sélectionnées et hybridées pour limiter la production d’un fort taux en THC. Cette différence n’est donc pas justifiée sur un plan botanique et représente un abus de langage qui contribue probablement à mystifier cette plante. Il est d’ailleurs intéressant de constater que le mot cannabis est apparu dans le dictionnaire de la langue française dans les années 70 afin de mieux définir la plante « à drogue ». Comme on aime bien s’exprimer en français au Comptoir du Chanvre, on parlera de chanvre pour désigner le « cannabis légal » qui respecte un taux de THC inférieur à 0.20 % et de chanvre indien pour le cannabis qui ne respecte pas cette limite.

Le mot cannabis étant particulièrement ancré dans nos sociétés modernes, on nous pardonnera toutefois son usage de ci de là au fil de ses pages. De même, la frontière entre chanvre et chanvre indien étant si mince, il nous arrivera souvent d’évoquer l’usage de psychotropes dans l’unique but de mettre en garde le visiteur sur les risques potentiels avec une orientation, si besoin, vers des habitudes de réduction des risques. A défaut, nous invitons tous les visiteurs à l’abstinence pour ce qui concerne la consommation de substances psychotropes. Pour en savoir plus : NORML France.

Nous rappelons également que d’après la loi de 1970, l’usage privé de chanvre est puni en France d’un an de prison et de 3 750€ d’amende et jusqu’à 5 ans de prison et 75 000€ d’amende si l’infraction est commise par une personne dépositaire de l’autorité publique ou ayant une mission de service public.

Pour ne rien rater de l’actualité du chanvre dans sa globalité : Chanvre Info avec une page spéciale concernant l’activisme en France.

Pour être plus technique, botaniquement parlant, le chanvre est une plante de la famille des Cannabaceae. Les Cannabaceae appelés aussi les cannabacées sont de la famille des plantes dicotylédones, c’est un groupe de plantes à fleurs. Elles sont présentes dans la plupart des écosystèmes terrestres. C’est donc une plante à fleurs et cette culture se renouvelle annuellement.

Le chanvre est utilisé par l’humain depuis le néolithique, période préhistorique débutant environ 9000 ans avant notre ère. Cependant, depuis le début du 20ème, sa culture est devenue extrêmement réglementée à cause d’un dérivé de la plante possédant des propriétés psychotropes qui peut être utilisé à des fins récréatives… Vous l’avez bien compris maintenant. Certains industriels s’obstinent farouchement à nier les comparaisons possibles entre chanvre et chanvre indien, mais la réalité est là : les deux variétés sont issues de la même espèce botanique. Même si le mot chanvre désigne la variété de plante utilisée pour l’industrie et la construction, la seule distinction réalisable concerne la teneur en THC.

Il convient donc, pour tout ceux qui souhaitent se lancer dans la production de chanvre, de s’assurer de la conformité des semences mais aussi de maîtriser les techniques agricole permettant d’assurer un taux de THC légal. On ne s’improvise pas chanvrier du jour au lendemain !

Est-il possible de faire pousser du chanvre en France ?

Absolument ! Contrairement à certaines idées reçues, même si le marché du chanvre pour les professionnels est très encadré avec des règles très strictes, il n’empêche que tout individu à la possibilité de faire pousser du chanvre. Encore faut-il respecter la fameuse limite en THC (<0.2 %) ! Et ce n’est pas une mince affaire, car en plus de respecter certaines règles de production propres au chanvre industriel sans THC, il vous faudra vous munir de graines certifiées. Pour cela, il faut vous renseigner auprès de la Coopérative centrale des producteurs de semences de chanvre (http://www.satival.org/fr/login), la CCPSC, ou encore obtenir des informations auprès de Fédération Nationale des Producteurs de Chanvre.

Vous avez des articles assez complet ici et ici. Nous retiendrons que contrairement à une idée largement répandue, le chanvre n’est pas une plante totalement prohibée. Elle est placée sous contrôle. On dira que le chanvre indien est classée dans une catégorie aux frontières très mal délimitées, appelée « stupéfiants », catégorie placée sous contrôle de l’État qui a pour rôle d’en restreindre l’accès aux seuls usages médicaux ou scientifiques, conformément aux conventions internationales sur les stupéfiants. Par contre, même si la culture de chanvre est encadrée, il n’y a pas de véritable restriction à sa culture, bien au contraire. La France est le deuxième pays producteur de chanvre après la Chine avec près de 15.000 hectares de surfaces cultivées. L’un des plus gros producteurs est la société Euro chanvre. Les aspects règlementaires sont assez bien détaillés ici.

Le cannabis était une plante très importante dans l’économie de la France rurale à l’ère préindustrielle, sa culture était largement répandue, comme en témoignent des toponymes, tel la Canebière à Marseille (entrepôt de chanvre pour la fabrication des voiles) et de nombreux blasons de villes françaises ou des noms de rue (Chenevière, rue du Rouissage, rue de la Chanvrière…). C’est seulement après la 2ème Guerre Mondiale que la paysannerie l’a abandonné, et que les usages thérapeutiques ont disparu de la pharmacopée. Cependant aujourd’hui en Europe, la France demeure ; en surface de culture ; le premier producteur de chanvre pour ses fibres et ses graines. En réalité, la plante de cannabis, ubiquitaire, peut s’accommoder à une très large variété de climats, des cercles polaires à l’équateur… Une véritable mauvaise herbe en sommes !

 

Vers une inéluctable légalisation ?

FAAAT (Fédération pour des Approches Alternatives en matière d’Addiction, Think & do tank) est une organisation transnationale non-gouvernementale, non-partisane et sans but lucratif travaillant sur les thématiques d’addiction, de drogues sous contrôle, et de plantes ou substances pouvant provoquer l’addiction. Depuis Paris (France) et Barcelone (Espagne), FAAAT centralise la collaboration d’un réseau mondial d’experts.

Leur think-tank mène des recherches concernant les alternatives politiques rigoureuses et éthiques, basées sur des données probantes aptes à faire face aux défis politiques, économiques et sociaux liés aux questions de drogues et d’addiction. Ils promeuvent des politiques transparent et évaluables, cadrées par les droits civiques et humains fondamentaux et l’état de droit, ancrées dans une logique de développement durable, et œuvrent à l’empowerment des groupes et des personnes, à la justice sociale et à la santé. Nous assurons une présence régulière au niveau institutionnel pour défendre ces idées.

Leur do-tank développe des programmes de soutien collectif, de renforcement des capacités et de plaidoyer communautaires destinés aux groupes de pairs et d’auto-support, aux mouvements sociaux et au secteur non-lucratif. Ils œuvrent à leur large implication dans les processus politiques à tous les niveaux via l’ingénierie sociale et des actions transversales rassemblant populations concernées, chercheurs, le secteur médico-social, les forces de l’ordre et la Justice, ainsi que les décideurs et toute partie prenante concernée.

Vision – Des politiques en matière de drogues démocratiques, transparentes et évaluables, cadrées par les droits fondamentaux, ancrées dans le développement durable, et œuvrant à l’empowerment, à la justice sociale et à la santé.

Mission – Mener à bien des recherches sur des alternatives rigoureuses et éthiques sur le plan politique, et agir à travers des partenariats, de l’ingénierie sociale, des actions et argumentaires collectifs, à tous les niveaux.

Nous vous invitons à découvrir leurs nombreux articles sur leur site. L’un des plus pertinents est certainement celui ci :

Réguler le taux de THC ? Le piège à éviter.