Pourquoi un Comptoir du chanvre et actualité

Pour redonner au chanvre ses lettres de noblesse et redorer le blason de cette plante tant décriée. Tantôt plante aux mille facettes, tantôt plante maléfique, il est temps aujourd’hui d’y voir un peu plus clair.

L’objectif n’est pas de revenir en détail sur les plus de 5000 ans d’histoire de cette plante controversée car il existe de nombreux ouvrages sur le sujet. Nous essayerons d’ailleurs de vous proposez quelques un des livres les plus pertinents dans notre bibliothèque militante et associative (en cours de construction).

L’objectif n’est pas non plus de valoriser une quelconque substance psychotrope ou de montrer le cannabis « sous un jour favorable »… Nous y reviendrons. En la matière, nous proposons au visiteur quelques conseils au fil de ses pages et nous renvoyons tous les intéressés vers notre carnet d’adresses et nos partenaires associatifs ainsi que vers les structures préventives existantes. D’ailleurs, avant d’entreprendre votre voyage au pays du chanvre sur ce site, merci de lire attentivement notre mise en garde.

Non, l’objectif du Comptoir est tout simplement d’accompagner le renouveau économique du chanvre comme un nouvel élément de consommation courante, un produit d’avenir répondant à des critères écologique et environnemental à fortes exigences. C’est pourquoi le Comptoir du Chanvre se donne pour ambition de présenter une vaste gamme de produits à base de chanvre dans de nombreux domaines (construction, alimentaire, cosmétique, santé, etc.).

Le chanvre en France, c’est :

12 000 Ha sur 18 000 Ha en Europe
1 000 producteurs
6 usines de transformation agréées par l’Etat

Le secteur du chanvre étant en pleine expansion, nous découvrons chaque jour de nouvelles propriétés à cette plante très complexe. Par exemple, l’extraction et l’utilisation de CBD (un composant de la plante que nous décrirons plus loin) connaît un engouement certain actuellement dans le domaine de la santé. Ainsi, nous proposerons une large gamme de produits aux extraits de CBD (pollen, fleurs, cristaux, e-liquide, …) certifiés conforme à la législation en vigueur. Nous utiliserons ces produits dans divers domaines comme le sevrage tabagique notamment.

En réalité, avant de mettre en avant la vente de produits, nous serons constamment obsédés par le désir pédagogique de vous en apprendre davantage sur le chanvre, de vous donner une informations la plus complète possible, au risque d’être parfois un peu trop technique… Parcourez ce site comme une aventure ludique, une expérience nouvelle dont vous ressortirez enrichi de perceptions différentes vous permettant de mieux appréhender les nombreuses idées reçues sur le chanvre. Cela ne veut pas dire que nous cherchons à masquer les dangers de certains usages liés aux produits cannabiques. Au contraire, vous découvrirez une page « préventive » consacrée à l’utilisation du chanvre indien.

Nous commencerons notre voyage par une présentation générale des applications industrielles possibles avec le chanvre avant de détailler au mieux chaque domaine, le tout étayé d’une sélection du Comptoir du Chanvre de quelques produits les plus représentatifs. Nous consacrerons toute une partie à présenter le CBD et les produits associés à ce cannabinoïde ainsi que les applications possibles dans le domaine des soins et comme moyen de substitution au tabac. Nous associerons une page « réduction des risques » afin de prévenir les mauvais usages liés au cannabis. Enfin, votre Comptoir du Chanvre sera vous proposer une sélection des meilleurs articles indispensables aux amoureux du chanvre… Parcourez notre catalogue !

Et à Sierck-les-Bains ?

En France, le chanvre était traditionnellement cultivé pour fabriquer des toiles, des draps et des voiles de bateaux, ainsi que pour ses graines à visée alimentaire. Cette industrie florissante jusqu’au 18ème siècle décline dès le 19ème siècle face à la concurrence des manufactures industrielles (coton, nylon) et à la disparition de la marine à voile. Sa culture, de 176 000 hectares en 1840, passe à 37 000 hectares en 1900 et 700 hectares en 1960.

Nous n’avons pas beaucoup d’informations en ce qui concerne la culture du chanvre dans nos contrés. Mais nul doute que, comme dans tout le reste du pays, sa présence était incontournable. Encore au début du siècle dernier, de nombreuses familles plantaient leur parcelle de chanvre dans les environs. Le dernier tisserand à exercer son métier (vers 1910), Jean Félix de Montenach, jouissait d’une grande réputation grâce à ses toiles en lin inusables et ses sacs en chanvre décorés d’une bande bleue, souvent destinés au transport du blé ou de l’avoine. Sans parler de la confection du linge qui occupa grand nombre de grand’mères ! En fait, le chanvre occupait beaucoup de monde d’octobre jusqu’à la fin de l’hiver en mettant à contribution tous les membres de la famille du chanvrier. Une draperie est déjà mentionnée à Sierck en 1300 et l’on étendait probablement les draps et autres toiles sur le Dicherberg pour les sécher et les blanchir. Sachant que le chanvre était souvent cultivé autrefois là où se trouvaient les moulins, il n’est pas improbable qu’on le voyait pousser aux abords de l’affleurement de quartzite. Et les nombreux ruisseaux du Val Sierckois alimentaient de nombreux moulins… Le dernier a cessé son activité en 1957.

Sur la photo ci-dessous, le local que nous convoitions avant d’ouvrir dans la rue « St-Georges » : la maison Kreuder qui était jadis une maison de drapier. Cette bâtisse qui datait, à l’origine, du 13e siècle a été incendiée. Elle fut reconstruite en 1581…L’arche qui soutient la maison est de cette époque !

Malheureusement, nous avons essuyé une fin de non recevoir de la part de la mairie, propriétaire des lieux… Il en fût de même pour le local de l’ancien bureau de tabac, situé Quai des Ducs de Lorraine (actuellement un coiffeur est en place). Sans connaître les motivations exactes de ces refus successifs, nous nous sommes fait une raison : impossible de compter sur un soutien politique local. Bien au contraire… Du coup, avant d’être véritablement installé, voilà que le Comptoir s’échauffe en tenant quelques stands dans des salons… Oh pas grand chose, mais c’est l’occasion de rencontrer un public toujours ravie.

Nous avons donc sauté sur l’occasion lorsqu’au 2 rue St-Georges les Baillargeaux, les Sages-femmes décident de déménager début 2018. Ancien cabinet de dentiste, les lieux ne sont pas vraiment adaptés à une boutique dédiée au chanvre mais peu importe ! On fonce ! Le temps pour nous de faire quelques travaux d’aménagement et voilà que la boutique ouvre ses portes le 1er août 2018. L’aboutissement d’un rêve de longue date…

La répression à la vie dure…

A peine ouvert, voilà que la boutique est perquisitionnée le 3 août 2018 toute l’après-midi. De nombreux produits sont saisis, en particulier les fleurs et pollen, et les gendarmes repartent en nous laissant continuer notre activité… sans marchandise « sensible ». Nous n’aurons plus de nouvelle pendant longtemps. De ce fait, voyant d’autres boutiques prospérer dans la France entière, le Comptoir du Chanvre poursuit son bonhomme de chemin tout à fait normalement, sans histoire… La société se développe, devient une SAS, embauche un salarié à temps partiel : Fabrice, l’Oncle Bob.

Par contre, il nous faudra oublier la récolte pour notre chanvre planté à Rettel, la commune d’à côté… Effectivement, alors que toute notre plantation est légale, la Procureur de Thionville se précipite et ordonne la destruction du champ. C’est avec un hélicoptère de la gendarmerie que le champ a été localisé sur les indications de Christophe, le gérant,  avant d’être détruit par le paysan qui en avait la charge et sous les yeux de Christophe, rouge de rage. A ce stade, l’exploitation « agricole » du Comptoir est stoppée nette. Il ne reste plus que la jeune boutique naissante.

La clientèle du Comptoir du Chanvre est très variée. Des jeunes aux personnes âgées, on trouve des gens de tous les milieux. Très vite, le Comptoir est reconnu pour la qualité de ces produits, de ces conseils mais surtout pour la convivialité des lieux. On tente d’occulter le « côté fume » du cannabis par de vrais messages d’informations et de prévention . On oriente les gens vers la vaporisation par exemple.

Bref, tout ce passe dans le meilleur des mondes jusqu’à ce jour fatidique du mercredi 19 juin 2019… Les gendarmes reviennent ! Plus de 10 mois après leur première visite, voilà qu’ils débarquent pour nous annoncer que nos fleurs, saisies en août 2018, seraient pour certaines au-dessus de la norme autorisée : 0.20 % de THC. Se référent essentiellement aux recommandations du rapport de la Mildeca de juin 2018, on nous parle de l’interdiction de vendre des fleurs mais surtout que nos produits doivent contenir 0 % trace de THC. A la lecture de ce rapport, seul les produits issus de cannabis de synthèse seraient susceptibles d’être autorisés à la vente. Oui, mais un rapport n’est pas un texte juridique. C’est un avis consultatif, pas une loi ! Pour autant, notre boutique est fermée et mise sous scelles manu militari… Quasiment toute la marchandise est à nouveau saisie. La valeur totale des marchandises réquisitionnées sur ordre du Parquet de Thionville dépasse les 10 000 € !

Le comble dans cette triste histoire, c’est que notre fleur testée par les gendarmes comme étant la plus forte en THC est une fleur française certifiée Ecocert : la Chanvre Bio Détente ! Autant dire que c’est très troublant… En tout cas, cela jette un doute certain sur la méthode d’analyse utilisée pour tester les fleurs présentes en boutique. C’est la clé de notre défense, nous y reviendrons… Très vite, Fabrice se retrouve au chômage économique. Le moral est au plus bas. Christophe, le gérant, subie un contrôle judiciaire stricte après plusieurs heures de garde à vue : interdiction de se livrer au commerce de la marchandise incriminée et interdiction d’être physiquement présent devant la boutique. Notons que si le Comptoir du Chanvre n’est pas le seul à subir cette répression sauvage, d’autres boutiques fleurissent ou ne sont pas du tout inquiétées par les autorités… Mais quelle est donc cette justice ?

Précisons au passage que Christophe subit des attaques à tout les niveaux, dans toutes les sphères de sa vie privée. L’objectif est bien de le faire tomber, de le faire disparaître ! Avec la complicité certaine d’une politique locale hostile, voir même de certains « voisins », on ne cesse de le poursuivre en justice… On lui inflige un bracelet électronique pendant 3 mois pour une petite plantation à la maison, on le surveille sur les réseaux sociaux et on le l’attaque pour des propos tenus à l’encontre des forces de l’ordre ou de la Procureur. Dans toute cette agitation, sans local et sans marchandise ou presque, l’équipe du Comptoir du Chanvre arrive à tenir un stand à la Hempexpo de Dudelange, au Luxembourg, en compagnie de notre partenaire Hempfuel.

… Mais l’Europe change !

Démoralisé, Christophe sent bien cette volonté de le faire disparaître alors même qu’à quelques kilomètres de là, au Luxembourg, on parle de légaliser le cannabis… Une révolution en Europe ! Du coup, l’idée de passer la frontière commence à germer dans les esprits. C’est ainsi qu’à quelques kilomètres de Sierck-les-Bains, dans un petit village nommé Schengen et que certainement tout le monde connaît en Europe (c’est là qu’on été signé les premiers traités européens de libre échange) que Christophe se met à la recherche d’un local. C’est dur, c’est cher, mais on y arrive ! Au cœur du village, en face de l’église et à côté du coiffeur, le Comptoir du Chanvre s’installe dans le hall d’un petit immeuble avec au-dessus de nous les bureaux de plusieurs entreprises.  Encore une fois, l’ambiance de ce local n’est pas vraiment propice à l’activité, mais peu importe, le Comptoir revis !

En septembre 2019, nous ouvrons les portes et tenons des permanences pour informer le public tout en continuant l’aménagement du local et en reconstituant des stocks. Beaucoup d’investissements « forcés ». La trésorerie est au plus mal ! De plus, la rue est en travaux. Impossible de venir à la boutique en voiture. Du moins, il faut faire quelques mètres à pieds sur un chantier… Une ambiance pas du tout propice pour les affaires. Mais l’excitation d’être présent au Luxembourg et de vivre la légalisation en direct nous fait pousser des ailes ! Le Comptoir du Chanvre de Schengen débute son activité le 1er janvier 2020 et tente, tant bien que mal, de faire tout les papiers nécessaires à sa future activité : vendre des produits à fumer car c’est ainsi que son classés les fleurs et pollen au Luxembourg. Finie les tisanes et l’hypocrisie, le Comptoir se prépare à vivre un événement à peine croyable il y a encore quelques mois : la légalisation du cannabis ! Oui mais voilà, les choses sont loin d’être claires. Des incertitudes planent sur la future politique et sa mise en oeuvre.  En attendant, l’Etat veut sa part du gâteau et voilà qu’une taxe à 50 % vient à nouveau plomber les espoirs du Comptoir et de son équipe. A propos, c’est Loïc, dit Lolo, le nouveau vendeur du Comptoir du Chanvre de Schengen… Et comme nous n’avons pas de vitrine à proprement parlé, c’est une jolie enseigne lumineuse qui annonce la présence de la boutique !

Nous reviendrons en détail sur nos aventures luxembourgeoise. N’hésitez pas consulter la page dédiée au Comptoir du Chanvre de Schengen sur ce site pour en savoir plus. Pour l’heure, la priorité est de survivre. En France, nous attendons notre procès avec espoir tant nos certitudes sont fortes. Elles ne le sont pas autant que celles de la Procureur du Tribunal de Thionville qui n’hésitera pas demander 3 ans de prison, dont 2 ferme, à l’encontre de Christophe pour infraction à la législation sur les stupéfiants et pratique illégal de la pharmacie ! Une sévérité sans nom mais pour le moins féroce et aveugle qui découragera certainement grand nombre d’entrepreneur sur le coup. Le réquisitoire est en tout cas particulièrement choquant alors que notre avocat demande une relaxe pure et simple. Finalement, le Tribunal renvoie sa décision en juin 2020… La boutique de Sierck-les-Bains devra donc rester fermée, un an au total, alors que d’autres confrères ont la chance de rouvrir. Oui, qu’elle est belle cette justice…

Alors les fleurs ? Légales ou pas ?

Pour rendre sa décision, le Tribunal attends une décision dans une autre affaire. En effet, la Cour de justice de l’Union européenne a été saisie par la Cour d’appel d’Aix-en-Provence en octobre 2019 dans une affaire similaire. Sa décision est attendue en mars 2020. Nous allons nous aussi attendre gentiment cet avis sur la régularité du droit français sur le chanvre au regard des textes européens. Mais voilà quelque piste de réflexion : jusqu’à présent, dans l’industrie du chanvre, nous pouvons raisonnablement dire que la fleur était considérée comme un déchet. Sans aucune utilité, le chanvre est souvent coupé pour sa tige avant la fin de la fleuraison. Autant dire que le législateur n’a jamais prévu qu’il serait un jour possible de trouver des fleurs de type industriel, c’est à dire issue d’une plante contenant moins de 0.20 % de THC, sur le marché français dans des boutiques… Tout juste a-t-il envisagé de distinguer une plante de type industriel d’une plante considérée comme « à drogue » :

X = (THC + CBN) / CBD

Si X est supérieur à 1, il s’agit d’une plante à drogue et si X est inférieur à 1 c’est une plante à fibre. Alors que ce passe-t-il dans les boutiques et comment est-il possible de trouver des fleurs au-dessus de 0.20 % de THC ? Et bien tout simplement parce que les magistrats détournent la méthode d’analyse utilisée pour contrôler les productions des chanvriers producteurs pour les appliquer aux produits présents dans les boutiques. Autrement dit, l’analyse doit être effectuée dans le champ du producteur sur un échantillonnage de plantes entières (en évitant les extrémités du champ) et non sur des sommités fleuries séchées ou autres produits finis. C’est la plante entière qui doit être inférieure à 0.20 % de THC ! Partant de cette constatation, nous réalisons que les fleurs vendues en boutique n’ont rien d’illégal dans la mesure où elles proviennent d’un chanvre certifié. Mais attendons la décision de la Cour de justice européenne.

Pour en savoir plus sur les méthodes d’analyse, nous vous recommandons cet ouvrage : https://www.unodc.org/documents/scientific/Cannabis-F.pdf